« Pour être un bon peintre, quatre choses sont nécessaires : Un cœur joyeux, un regard précis, une main légère et des pinceaux toujours bien lavés »

Anselm Feuerbach (1829 - 1880)

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Peinture, parole et silence

Écrit le dimanche 6 juin 2021 par Jean-Christophe Sekinger

Depuis plus de quarante ans, j’ai souvent constaté qu’on ne peut pas facilement parler en peignant ce qu’on voit : la parole est alors hésitante, les phrases, suspendues et lointaines. Si l’on veut retrouver la clarté des mots, il faut lever le regard, suspendre le geste de la main . Pourquoi ?

Un objet [1] que je regarde en le dessinant, aussi connu ou commun soit-il, finit toujours par étonner : « traverser les apparences » en désignant sur son propre corps des formes et des couleurs jamais vues encore.

Tandis que le regard embrasse le réel, le langage ne sait qu’en dire.

Le silence, si.


[1prenez le mot étymologiquement